Se projeter dans l’espace et dans le futur

Signer des acquisitions fait partie de la vie de l’entreprise. Y compris lorsque celle-ci est de moyenne taille. Car étendre son territoire est aussi un outil qu’elle peut exploiter pour atteindre son objectif de croissance. Telle est la conviction de Karim Khenissi, directeur général de l’Ecole supérieure des métiers artistiques.


La croissance externe n’est pas l’apanage des grands groupes. Les ETI, mais aussi les PME, doivent se positionner sur le sujet, de sorte à considérer que cet instrument est susceptible de nourrir leur croissance…afin de tracer durablement leur avenir.
Car se projeter dans l’espace passe également par une question de projection dans le futur – même si d’aucuns auraient tendance à considérer que procéder à des rachats constitue un écueil potentiel de taille pour une entreprise de taille réduite.

Lorsqu’il crée l’Ecole supérieure des métiers artistiques (ESMA), en 1993, Karim Khenissi se concentre sur la formation relative à l’animation 3D. Fort de ces premiers pas, il choisit d’étendre son périmètre géographique et de porter cet objectif dans d’autres ville de France.
Résultat : aujourd’hui, il rayonne bien au-delà du campus de Montpellier et affiche une présence à Toulouse, à Nantes et à Lyon.

Mieux encore : déjouant tous les clichés qui collent souvent à la peau d’une entreprise de taille intermédiaire, il a signé une acquisition à Montréal, courant 2017. Et ainsi franchi les frontières de l’Hexagone. Désormais, le groupe accompagne 2 200 étudiants, dont beaucoup voient leurs films, réalisés en fin de formation, primés lors de festivals internationaux.


EXTENSION DU PERIMETRE

L’audace est donc payante, même pour une PME. Surtout si, comme dans le cas de l’ESMA, elle s’est aussi traduite par l’extension du périmètre d’activité.

« Nous avons développé très vite une activité de promotion immobilière et de gestion de logements pour les étudiants, explique Karim Khenissi. Avec l’éducation, ce sont des activités dont on retire des synergies, car elles sont intimement liées à la volonté des collectivités locales de développer des places d’enseignement dynamiques, favorables au développement économique. Autoriser la création de tels réservoirs de compétences qualifiées, c’est aider l’essor des entreprises locales. Les pouvoirs publics en sont tout à fait conscients »

Pour agir ainsi, l’entrepreneur n’a pas hésité à s’entourer. En particulier pour aller à l’international. Avec pour point d’appui un expert comptable, en mesure de le mettre en relation avec des spécialistes utiles pour résoudre des problématiques spécifiques à telle ou telle configuration.

 

Un chef d’entreprise doit être accompagné afin d’être libéré et se déployer. Sa vraie mission consiste à projeter sur les années à venir la façon dont peut évoluer son marché

 


COMBINER CROISSANCE ET PERENNITE

C’est un précepte qui réussit à l’ESMA. Sur sa lancée, le groupe travaille non seulement à l’extension des campus où il est déjà installé, mais aussi à de nouvelles implantations, en France comme à l’international. Dans les cartons : un projet qui pourrait lui permettre de traverser la Manche.

« Nous sommes en mesure de doubler de taille environ tous les quatre ans », se réjouit Karim Khenissi. Avec, en sous-jacent, une réflexion qui consiste à faire en sorte de combiner croissance et pérennité du modèle déployé, au-delà de ce que l’équipe dirigeante actuelle est en train de bâtir.

L’occasion de tester le potentiel d’un autre outil qui s’offre lui aussi aux PME : la fondation.