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La Belle-iloise : debout… Contre vents et marées

Un bon goût de vacances, des emballages colorés et le poisson érigé en star…Belle et bien nommée Belle-iloise… Créée en 1932, l’entreprise familiale a résisté, contre les vents et les marées de la grande distribution. Comment ? En conservant ses valeurs. Rencontre avec Caroline Hilliet-Le Branchu, son enthousiaste et modeste patronne depuis 2011.

 

L’entreprise existe depuis 1932, aujourd’hui vous employez entre 350 et 600 personnes selon la saison, et réalisez un CA de 50 millions d’euros. Pour durer aussi longtemps, quel a été votre secret ?

Clairement, si nous sommes encore là aujourd’hui, c’est grâce à la décision visionnaire de mon grand-père en 1967. C’est l’année où il a ouvert notre premier magasin en vente directe.

Depuis 1932, la Conserverie la belle-iloise fabriquait ses conserves de sardine à l’ancienne avec pour objectif d’offrir la meilleure qualité. Dans les années 60, avec l’émergence de la grande distribution, le contexte a complètement changé… La concurrence devenait rude. La GMS, pour la profession, cela signifiait vendre plus de quantités en rognant parfois un peu sur la qualité pour être moins cher. C’était une nouvelle manière de produire, de vendre, de consommer, une véritable révolution.

Dans ce contexte, mon grand-père a décidé en quelque sorte de faire de la résistance ! Il n’est pas entré dans ce jeu, il a voulu rester indépendant et garder ses standards de qualité. Cela s’est traduit par l’ouverture d’un premier magasin de vente directe, au sein même de la conserverie, saisissant par la même occasion l’opportunité du développement du tourisme à Quiberon. Il a ainsi pu conserver la qualité de ses produits, en faisant de la pédagogie auprès des clients, en leur expliquant sa démarche. Aujourd’hui la tendance est à nouveau à la recherche de qualité, de production locale, de sens, de petites quantités, mais à l’époque c’était un vrai pari !

Ensuite, mon oncle et mon père, puis moi plus récemment, nous sommes appuyés sur cette vision de départ, la vente directe. Des ouvertures de magasins, de la vente par correspondance, puis l’amorce du virage digital, tout cela a permis aussi à la Conserverie la belle-iloise d’accroître sa présence et sa notoriété, mais au fond, nous n’avons fait que nous mettre dans les pas de mon grand-père !

 

La Belle-iloise c’est une histoire de famille, en quoi ce point d’ancrage vous différencie d’une autre entreprise ?

Ça change quelque chose d’essentiel… Cette entreprise est le fruit d’une histoire, elle appartient à une famille, et elle se transmet de génération en génération. J’ai donc repris une entreprise qui ne m’appartient pas à moi seule, mais aussi à mon frère, mes sœurs, mes cousins. Je suis redevable de ce patrimoine, je le dois à ma famille et je ne l’emmènerai pas avec moi.

C’est une lourde responsabilité à l’égard de ceux qui m’ont légué cette histoire et de ceux à qui je la laisserai. Je me considère comme un passeur. Et mon ambition est d’écrire à mon tour ma page de l’histoire.

C’est aussi une lourde responsabilité vis-à-vis des collaborateurs. Beaucoup ont connu mon père, certains connaissent mes enfants ou d’autres membres de la famille. C’est aussi un avantage, les salariés peuvent personnifier l’entreprise. Et le management n’est pas le même.

Concernant la direction opérationnelle en revanche, je suis indépendante, on ne décide pas en famille ! La Conserverie la belle-iloise a un CODIR (Comité de Direction) et plusieurs instances de pilotage où sont prises les décisions de manière collégiale. Il n’y a plus de membre de la famille à ce niveau-là.

 

Comment êtes-vous arrivée dans l’histoire ? Personne d’autres parmi vos cousins, frères et sœurs, n’avait envie de rejoindre l’aventure ?

Au début des années 2000, j’avais exprimé le désir de faire partie de celles et ceux qui, un jour, reprendraient l’entreprise. J’ai un cousin plus âgé qui était directeur de la production puis des achats quand je suis arrivée, et qui n’a pas exprimé l’envie de reprendre. Ma sœur y a pensé, puis a fait un autre choix. Mon frère a une formation totalement différente. Et à l’époque, ma plus jeune sœur faisait encore ses études…

Donc la vie a fait que c’est finalement moi seule qui ai pris la suite de mon père.

Ma plus jeune sœur a rejoint le groupe plus tard, en contrôle de gestion. Je ne la manage pas, elle s’est positionnée sur un poste ouvert, a passé des entretiens et a intégré les équipes de la Conserverie la belle-iloise. Je crois que tout le monde a trouvé son équilibre.

Concernant la transition avec mon père, je suis arrivée en 2006 avec donc l’objectif de reprendre l’entreprise. Nous nous sommes donnés 5 ans. Durant les premières années, je me suis mise dans le bain, j’ai appris à comprendre l’entreprise. Et la dernière année, nous avons fait un duo. Honnêtement, ça a été l’année la plus dure ! Difficile pour les collaborateurs de savoir qui décide in fine… Mais ça n’a duré qu’un an. Fin 2010, mon père a quitté la Conserverie la belle-iloise, il m’a fait confiance. Et en janvier 2011, j’étais seule aux manettes.

 

Concernant l’international ? Vous êtes déjà présent en Belgique, allez-vous continuer à vous développer dans d’autres pays ?

Pour le moment nous sommes peu présents à l’international. Nous avons un magasin en Belgique et faisons un peu d’export pour des épiceries fines, pour des lieux référents en Europe, ou encore au Japon… Mais cela représente un très petit volume et une faible partie du CA.

C’est valorisant pour la marque mais insuffisant pour être connu.

C’est compliqué, car dans la plupart des pays du monde, il n’y a pas de culture de la conserve gastronomique. Du coup il y a beaucoup de pédagogie à faire en amont. Pour le moment, on teste !