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Caroline Le Branchu (2/2) : « Il faut donner du sens ! »

Retrouvez la première partie de l’interview de Caroline Le Branchu ici.

 

Ces dernières années, l’entreprise a réussi à se réinventer, à innover, pour maintenir sa croissance (vente à distance, ouverture de nouveaux magasins, création de nouveaux concepts) … Quels ont été vos derniers challenges ?

 

Au fond aujourd’hui, c’est un peu comme dans les années 60, nous sommes à l’aune d’une nouvelle révolution des modes de vie et de consommation. Les clients veulent de la valeur ajoutée, de l’authenticité, de la vérité, un produit sain, du sens… Or, dans ce monde-là, la Conserverie la belle-iloise a de vrais atouts ! Nous avons encore beaucoup de choses à faire, à tester, à réinventer, nous devons aller plus loin. Avec notre marque, nous souhaitons que nos clients vivent une expérience plus riche que celle d’un simple achat en magasin. C’est sur cette expérience client que nous souhaitons travailler.

C’est aussi dans ce contexte que nous avons ouvert un restaurant à Nantes. Nos produits y sont cuisinés, le lieu est convivial et permet d’y passer un vrai bon moment. C’est un exemple de cette nouvelle expérience client que nous voulons proposer. Notre objectif n’est pas forcément d’ouvrir d’autres restaurants de ce type, mais de nous alimenter de cette expérience très porteuse en termes d’image et riche d’enseignements.

Plus globalement, nous voulons continuer d’innover pour le client. La demande est réelle.

 

Comment anticipez-vous les évolutions et les tournants à prendre ?

Pour comprendre toutes les évolutions des modes de vie, de consommation, il n’y a qu’une règle qui vaille : c’est sortir ! Il faut lire, aller dans des salons, rencontrer des gens, voyager, s’imprégner… Essayer de comprendre ce qui se passe.

Notre équipe Recherche et Développement est aussi très active. Chaque année, elle goûte et explore de nouvelles choses dans différents endroits.

Ensuite, l’idée c’est de partager nos ressentis, puis d’observer les faits, les tendances de marché, les évolutions… Cela alimente notre réflexion stratégique.

 

Qu’est-ce que ça change d’être une femme dirigeante ?

Il est arrivé que les gens pensent que j’étais l’assistante… mais ça reste anecdotique. Je préfère y voir un avantage : il y a peu de femmes dirigeantes, du coup nous sommes très sollicitées et de nombreuses opportunités s’offrent à nous. Je dois malheureusement aussi refuser beaucoup de choses !

Dans mon quotidien je n’y vois pas trop de frein. C’est de l’organisation, des conditions personnelles à réunir, mais après tout, comme pour n’importe qui ou n’importe quelle responsabilité. Ce que je prône en revanche, c’est de la souplesse pour toutes et tous dans l’organisation. Il faut la faciliter pour que la conciliation perso-pro se fasse simplement.

Dans notre CODIR, nous sommes 5, dont 4 femmes. Aujourd’hui, la situation est donc plutôt inversée pour nous. On se dit parfois qu’on a trop de femmes ! La diversité c’est important dans les deux sens.

 

On parle beaucoup de start-ups, de grands groupes, et très peu d’ETI… Pourquoi selon vous ?

Les gens ne savent pas bien ce qu’est une ETI…

Alors que les startups sont plus connues, et surtout jouissent d’une image sympa, avec des méthodes et des gens agiles et créatifs, ça fait rêver, c’est bouillonnant. C’est parfois un peu binaire, on pense petites entreprises et grandes entreprises, et on oublie les très petites entreprises, tout autant que les ETI. C’est vrai que le paysage des ETI est très varié, leur taille très disparate, c’est donc difficile de dresser leur portrait-type. Par ailleurs, beaucoup d’ETI sont dans des secteurs industriels, techniques ou technologiques, moins connus du grand public… C’est aussi une question de marché.

 

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’on mette en avant dans les ETI ?

À l’inverse des grands groupes, il y a beaucoup d’ETI familiales. Je le vois comme un atout. Les valeurs y sont fortes, il y a de la proximité, un ancrage territorial fort. Ça donne du sens.

Par leur taille, les ETI sont plus agiles que les grands groupes, avec des moyens financiers plus importants que dans les petites entreprises, cela permet d’innover plus facilement, c’est un vrai avantage.

 

Quelle règle aimeriez-vous voir changer ?

Je ne raisonne pas par la contrainte ! Voyons plutôt comment nous adapter par rapport à un marché, un contexte, ne commençons pas par pointer ce qui ne va pas.

Oui c’est vrai, il y a parfois des règles qui sont un peu dures, contraignantes, dans le domaine social par exemple. Mais il ne faut pas s’arrêter à ça.

 

Un conseil à donner pour un entrepreneur de PME qui croît ? Y a-t-il des étapes à ne pas rater et/ou des choses indispensables à savoir ou à faire ?

Je continue de penser qu’il faut donner du sens et donner de la vision ! Cela semble une évidence, mais il faut pourtant le faire ! Il faut transmettre ses valeurs, ses convictions, partager ses ambitions pour emmener les équipes, les engager. Il ne faut pas que les collaborateurs puissent douter. C’est essentiel.

Le deuxième point, c’est de bien s’entourer. On ne peut pas être seul. Un dirigeant arbitre mais c’est avec les équipes que seront produites les idées, et que l’entreprise va avancer. Le troisième point c’est… d’être fort. D’avoir de l’énergie à revendre, de la résistance, et de l’endurance. Car le chemin est long, semé d’embûches, il faut tenir la distance.

Mais c’est cela qui rend le métier intéressant… C’est passionnant, et toujours différent. Mais clairement, il faut avoir le profil !