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Quo Vadis, au tableau !

Jérôme Nusse, président de Quo Vadis 

En inventant l’agenda, simple petit carnet pour organiser son temps, le Docteur Beltrami est entré dans l’Histoire, la grande, et pas seulement, celle de chacun d’entre nous. Car de tous nos souvenirs d’école, celui de l’agenda annoté, décoré, raturé, fait figure de madeleine de Proust. Septembre oblige, c’est le moment d’ouvrir les pages de cette story entrepreneuriale mythique. Entretien avec un prix d’excellence : Jérôme Nusse, président de Quo Vadis.

L’entreprise existe depuis plus de 60 ans, aujourd’hui vous réalisez environ 30 millions de chiffre d’affaire, et employez près de 220 salariés, quel a été votre secret pour croître ainsi ? 

D’abord, l’histoire de Quo Vadis, c’est celle d’une entreprise familiale mais qui a changé de famille… Au départ, l’entreprise a été fondée par le Docteur Beltrami au début des années 50 à Marseille. Puis, face aux besoins d’espace pour concevoir et expédier ses agendas, Quo Vadis s’est installée dans les années 70 à Carquefou (près de Nantes). C’est ensuite le Groupe Exacompta-Clairefontaine qui en a repris les rênes. Nous avons gardé cet ADN familial.

Au-delà de ce socle familial solide, je dirais que notre secret… C’est avant tout notre passion pour le produit ! Quo Vadis a réellement inventé l’agenda planning pour s’organiser sur du papier… Il n’existait alors que des agendas type « 1 jour à la page », avec des grilles pas toujours adaptées aux besoins de chacun. Nous avons donc donné, grâce à cette présentation à la semaine, une vision simplifiée de la grille sur une double page. L’idéal pour se repérer… Et s’organiser ! C’est une invention simple, mais aussi géniale, elle nous a d’ailleurs valu bien des prix !

Un autre secret de la réussite, c’est aussi d’avoir compris que pour se développer, il fallait non seulement ouvrir des filiales dans le monde, mais aussi, s’adapter à chacun de ces marchés. Au total nous avons aujourd’hui une quinzaine d’éditions étrangères de l’agenda avec des formats différents. À chaque pays ses usages, ou presque !

Notre facteur différenciant enfin, je dirais que c’est la qualité de nos agendas. Nous n’avons jamais cédé aux sirènes de la sous-traitance lointaine. Nous avons toujours voulu maitriser notre chaine de fabrication. Ça fait plus de 40 ans qu’on fabrique à Carquefou, c’est notre force, et notre ADN, nous produisons Made in France & Made in Nantes !

Et la décision stratégique la plus marquante ?

C’est peut-être la décision d’étendre le périmètre de l’agenda exclusif vers le marché scolaire d’un manière générale… C’est-à-dire des agendas de septembre à septembre destinés à l’environnement scolaire et vendus au moment de la rentrée. Ça a été le fruit d’une adaptation au marché, une parmi d’autres.

Il y a malgré tout eu une certaine érosion des ventes depuis quelques années avec l’accélération de la concurrence traditionnelle (Oxford, Hamelin, Oberthur etc.) mais aussi celle venant du numérique. Quelles sont vos armes pour vous différencier ?

Notre expertise dans l’organisation est reconnue par tous. Nous avons par ailleurs une qualité de produit qui nous permet de continuer à séduire.

En revanche, nous rencontrons, c’est vrai, une forte concurrence venant du numérique et de ses outils. Plutôt que de considérer cette transformation comme une menace, nous sommes en train d’essayer d’en tirer toutes les opportunités.

Deux voies nous ont semblé intéressantes :

  • D’abord, développer une application d’agenda permettant d’optimiser les journées de ses utilisateurs et leur faciliter la vie en s’adaptant à leurs envies et rythme.
  • Ensuite, nous avons choisi d’utiliser le digital afin d’apporter une ultra personnalisation de l’agenda papier. Nous avons développé un service en ligne, Quo Vadis Factory, permettant à chacun de créer son agenda totalement personnalisé, sur-mesure. C’est un gros défi pour nous et une expérience complètement novatrice.

Quels ont été vos autres challenges récents ? Et les prochains ?

D’un point de vue environnemental, finalement le fait de tout produire en France et de maitriser toute la chaine de production, nous a permis de continuer à être responsable et à maitriser nos impacts sur l’environnement.

L’un de nos principaux enjeux aujourd’hui est de réussir à intégrer tout le monde dans le virage technologique en cours. Il faut que chacun ait conscience de cette transformation et y trouve un sens afin de s’y intégrer.

Vous vendez vos produits dans 60 pays environ, comment avez-vous réussi à vous exporter de cette manière-là ?

Le Docteur Beltrami avait déjà conscience que le développement passerait par l’export. Le mouvement a donc été amorcé dans les années 60. Nos marchés les plus forts après la France, c’est l’Italie, puis le Japon et ensuite le Québec. Nous avons ensuite poursuivi et amplifié le mouvement d’internationalisation.

Je pense que pour que ça marche, il faut de la volonté, et de la persévérance. Il ne faut pas s’arrêter à la première contrainte. Il est nécessaire aussi se faire épauler et de procéder pas à pas, étape par étape. C’est ce qui a été fait chez Quo Vadis.

On parle beaucoup de start-ups, de grands groupes, et très peu d’ETI… Pourquoi selon vous ?

On en entend peu parler c’est vrai ! Pour tout vous dire, je n’avais même pas conscience d’être dirigeant d’une ETI ! Je connaissais ce terme, mais pour moi, nous étions une grosse PME qui exporte. Peut-être que si l’on veut que ce terme et donc cette catégorie émerge davantage, il faudrait que les politiques en parlent plus dans leurs discours. Il faut que le terme entre dans notre vocabulaire.

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’on mette en avant dans les ETI ?

C’est souvent l’ancrage territorial qui est important. D’ailleurs, nous sommes très fiers d’être dans les Pays de Loire. On appuie beaucoup sur ce socle nantais, c’est aussi ce qui fait la qualité de nos produits. Et d’un point de vue sociétal, les gens sont de plus en plus attachés à la provenance des produits. Donc Quo Vadis leur donne toute confiance là-dessus ! Nous produisons tous nos agendas à Carquefou, le local, made in France, c’est notre ADN.

Quelle règle aimeriez-vous voir changer pour les ETI ? 

Honnêtement, si on devait dire les choses de manière assez simple, ce serait d’avoir moins de contraintes… Plus c’est simple de s’adapter aux marchés qui changent, plus on peut être efficaces et créer de la valeur.

Un conseil à donner pour un entrepreneur de PME qui croît ? Y a-t-il des étapes à ne pas rater et/ou des choses indispensables à savoir ou à faire ?

Je dirais qu’en période de grosse croissance, le risque c’est de ne pas prendre de hauteur, d’être trop happé par le quotidien et d’en oublier le pas d’après. Or c’est le fait d’anticiper et d’être sur l’après, qui peut permettre de continuer à croître sans passer à côté de certaines choses.

Il faut donc se faire épauler pour prendre du recul… Un dirigeant ne peut pas tout faire, tout seul !