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Labellemontagne, un groupe toujours en quête de nouvelles pistes

À la tête de 11 stations de sports d’hiver, le groupe Labellemontagne, doit faire face à un arrêt quasi complet de son activité depuis près d’un an. Un coup dur pour l’ETI vosgienne ? C’était sans compter sur sa capacité de rebond. Jean-Yves Rémy, PDG du groupe, revient sur l’année écoulée et les racines de cette entreprise née il y a plus d’un demi-siècle.

Comment est né le groupe Labellemontagne ?  Et comment a-t-il évolué depuis sa création ?

L’entreprise est née dans les Vosges au milieu des années 60. Mon père, qui avait fait une formation en hôtellerie à Thonon a très rapidement compris l’intérêt de se spécialiser dans les remontées mécaniques, en complément de son domaine de prédilection. Notre groupe a donc eu depuis ses débuts une vision à 360°, et le fait de gérer les stations de sport d’hiver sur plusieurs aspects s’est donc imposé naturellement.

Pour ma part, je suis arrivé dans l’entreprise au cours d’un l’hiver particulièrement compliqué car très chaud, celui de 1989/1990. On a su réagir rapidement, étaler la dette et l’activité est rapidement repartie. Mais cela nous a marqués et nous avons sans cesse cherché à sécuriser et diversifier nos activités. D’où notre expansion dans les Alpes au cours des années 90.

Depuis les années 2000, le groupe n’est plus déficitaire. Le fait de répartir notre activité sur plusieurs massifs nous rend moins exposés aux conditions météorologiques. Nous nous occupons désormais de 11 sites, sur 7 domaines skiables. Si la gestion des remontées mécaniques reste notre cœur de métier, les autres branches (loisirs, hébergement, restauration) représentent 30% de notre chiffre d’affaires, qui était de 85 millions d’euros en 2019.

Quelles sont vos pistes actuelles de développement ?

Depuis quelques années, notre objectif est de multiplier les projets de diversification dans le tourisme afin de déployer nos savoir-faire dans d’autres environnements. Nous nous sommes associés avec Romain Llobet, qui gère le Wam Park de Montailleur, pour développer le concept au-delà de la Savoie. A ce jour, nous gérons six parcs d’activités de loisirs sur des plans d’eau périurbains, dont Lyon et Toulouse. Nous avons également remporté un appel d’offres pour un projet de remontée mécanique sur un site touristique à Namur, en Belgique.

Comment votre groupe fait face à la crise sanitaire ?

La fermeture des stations, annoncée le 15 mars 2020, a été vécue comme un coup de semonce, même si nous étions en fin de saison. Depuis fin octobre, et l’annonce du nouveau confinement, nous ressentons pleinement les effets de la crise sanitaire car c’est plus de 95% de notre chiffre d’affaires qui est impacté. Il a été très compliqué pour nous de nous organiser car l’incertitude règne depuis de longs mois, le gouvernement a reporté plusieurs fois la possibilité d’ouvrir les remontées mécaniques avant d’abandonner totalement l’idée le 20 janvier dernier.

À titre préventif, lors du premier confinement, nous avions mis en place l’activité partielle pour une partie de notre personnel. Depuis l’annonce de la non-réouverture des remontées mécaniques, c’est la plus grande partie de nos effectifs qui est en activité partielle. Nous avons conservé uniquement les fonctions support (services administratifs et ressources humaines) qui ont encore plus de choses à gérer qu’en temps normal ainsi que quelques effectifs pour assister les collectivités dans la sécurisation de la montagne.

Est-ce que les dispositifs de compensation mis en place par le gouvernement sont suffisants ?

Aujourd’hui, la difficulté d’une ETI comme la nôtre, composée de plusieurs PME, c’est que les aides ne sont pas du tout appropriées. Le fonds de solidarité aux entreprises est par exemple plafonné à 200 000 euros par mois mais cela vaut pour tout le groupe, alors que nous avons un chiffre d’affaires annuel de 85 millions d’euros.

La chambre patronale a négocié avec l’État le fait qu’il puisse couvrir une partie de nos charges fixes, sans plafonnement. Mais ce dispositif spécifique doit être validé au niveau européen.  L’Etat Français a donc fait une demande de déplafonnement de la prise en charge auprès de l’union européenne. Ce dispositif est vital pour nous mais n’a pas encore obtenu la validation de l’Europe.

La principale difficulté rencontrée dans cette crise a été la gestion de court terme. J’ai compris que le parcours du combattant pour l’obtention des aides était susceptible de durer et qu’il allait se poser un problème de trésorerie. Par exemple, si les aides que je viens d’évoquer sont validées par l’Europe, nous ne devrions pas les toucher avant avril ou mai.

Pour ce qui est du prêt garanti par l’État, nous avons pu solliciter 10 millions d’euros l’an dernier, ce qui n’est pas suffisant. Nous avons demandé aux banques un deuxième PGE, mais les banquiers ne jouent pas leur rôle. Cela nous place dans une situation ubuesque : nous sommes une entreprise sans problèmes structurels, l’État propose des prêts garantis mais nous n’arrivons pas à en obtenir !

Quels seraient les conseils que vous donneriez aux autres entrepreneurs également confrontés à la crise actuelle ?

Je leur conseillerais de sécuriser au maximum la ressource financière quand tout va bien. C’est essentiel. Il faut aussi faire preuve de rigueur dans sa gestion, et pas uniquement en temps de crise.

Soigner la communication avec toutes les parties prenantes est aussi primordial : salariés, collaborateurs, fournisseurs, partenaires… Il est important que toutes ces personnes comprennent que vous savez où vous allez. Enfin, il faut essayer d’anticiper au maximum, même si nous avons vu que c’était très compliqué.