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Labels RSE, DPEF… Comment mesurer sa performance extra-financière ?

Sous le terme label RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), se cachent en réalité des dispositifs aux usages et périmètres très différents. Quel label choisir ? Dois-je produire obligatoirement une DPEF (Déclaration de performance extra-financière) ? Quels sont les pièges à éviter ? L’éclairage d’Amandine Duquesne, Manager RSE chez RSM.

Quels sont les différents labels existant en matière de RSE ?

Il y a beaucoup de labels et ils répondent à des attentes et finalités différentes. Des labels sectoriels présentent l’intérêt pour les entreprises qui candidatent d’avoir une reconnaissance objective de leurs engagements par rapport aux enjeux propres à leur secteur d’activité. D’autres labels ont une dimension territoriale. Une région particulièrement dynamique en matière de RSE, comme par exemple les Pays de la Loire, a d’ailleurs développé son propre label. Ces labels récompensent l’empreinte sociale et sociétale d’une entreprise au sein d’un territoire, avec en cible notamment la création d’emplois local.

Il existe aussi des labels thématiques, portant par exemple uniquement sur des questions de diversité, ou de bien-être au travail, ou encore orientés produit, comme par exemple les labels dédiés au textile. Ainsi, un label RSE propre au textile agit comme un vrai marqueur différenciant et les consommateurs pourront choisir de s’orienter vers une enseigne si elle en bénéficie. Ils auront alors la garantie que les vêtements auront été confectionnés et distribués dans le respect de critères sociaux (conditions de travail) et environnementaux.

Enfin, il y a les labels généraux, exhaustifs, plus réputés, qui portent sur tous les domaines de la RSE et attendent des entreprises qu’elles progressent sur un nombre important de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance.

Comment la DPEF (anciennement Rapport RSE) s’articule-t-elle avec ces labels ?

Les deux dispositifs sont en réalité très interconnectés et peuvent s’autoalimenter. La DPEF n’est pas un label en soi, mais elle s’inscrit dans le même esprit et suit la même logique. C’est un document qui rend compte du travail réalisé par une entreprise sur la globalité des questions RSE. C’est aussi, lorsqu’il est élaboré avec les parties prenantes de l’entreprise, dans un esprit d’amélioration continue, un formidable outil de pilotage de la stratégie RSE de l’entreprise. Il est ainsi particulièrement complémentaire des labels holistiques. L’entreprise doit ainsi identifier les principaux risques ESG (Environnement, Social, Gouvernance) auxquels elle est exposée et mettre en avant les actions engagées pour y répondre.

Toute entreprise trouve dans la DPEF un tableau de bord de sa politique RSE, articulé avec sa stratégie globale. Elle devient obligatoire pour toutes les sociétés cotées ou non de plus de 500 salariés d’une part, et d’autre part, dont le chiffre d’affaires ou le total bilan est d’au moins 100 millions d’euros. D’ici quelques mois, un abaissement de ces seuils devrait être annoncé et toutes les entreprises de plus de 250 salariés pourraient donc être concernées par le dispositif.

La DPEF doit être certifiée par un Organisme Tiers Indépendant (OTI). Cette certification va au-delà d’une labellisation, de par son cadre réglementaire robuste et harmonisé au niveau européen, et parce que la méthodologie d’analyse et les recommandations associées permettent à l’entreprise chaque année de gagner en maturité RSE.

Comment choisir un label ?

Il y a plusieurs paramètres :

  • Définir sa cible : investisseurs, consommateurs, futurs collaborateurs, etc.
  • Connaître la finalité de la démarche : valoriser sa marque employeur, attester de la performance de sa politique RSE (à destination d’un donneur d’ordre par exemple) commercialiser des produits et services écoresponsables, etc.
  • S’inscrire dans une démarche progressive au regarde de la maturité RSE de l’entreprise
  • Définir le budget alloué et dédier des ressources à la constitution du dossier de candidature

En outre, un label RSE sectoriel élaboré par une fédération professionnelle peut s’avérer pertinent car complètement contextualisé aux spécificités sectorielles de l’entreprise. Le dynamisme des fédérations professionnelles a d’ailleurs été souligné par le Rapport sur les labels RSE corédigé par la Députée Coralie Dubost, Jean-Paul Chapron et Fella Imalhayene[1].

Quels conseils donneriez-vous à un dirigeant qui souhaiterait se lancer dans une démarche de labellisation ?

Je lui dirais qu’il faut qu’il soit conscient de l’impact que cela va avoir sur son entreprise à moyen et long terme. Il faut s’engager, en tant qu’entreprise, à innerver et insuffler de la RSE dans l’ensemble de sa structure et dans les pratiques au quotidien. Ce n’est pas une démarche anodine, ce n’est pas simplement monter un dossier de candidature, cela s’accompagne d’un réel travail d’introspection, d’accompagnement des équipes, de sensibilisation, etc. Par exemple, cela peut entraîner une entreprise à devoir former ses acheteurs sur les questions sociales et environnementales afin que ces derniers puissent choisir les fournisseurs en se fondant sur de tels critères. Obtenir un label, ce n’est pas une finalité en soi, c’est une première étape dans le changement des pratiques, qui doit s’inscrire dans la durée.

Dans la phase de labellisation, il est important que le maximum de personnes en interne soient consultées et impliquées pour remplir le dossier. Cela met l’entreprise dans une démarche de progrès et c’est déjà une première étape vers le succès. Le fait d’obtenir un label va peut-être contraindre à faire différemment, à faire plus, mais cela va aussi lui permettre de faire mieux, d’innover, de se démarquer. On doit aussi montrer que l’on fait du business tout en respectant l’environnement, les règles au niveau social, avec une gouvernance de qualité, etc.

[1] Lien vers le rapport sur les labels RSE