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Vélogik, changer de braquet pour trouver son rythme

Lancée en 2008, Vélogik a connu des étapes marquantes dans son développement. Désormais pleinement concentrée sur la maintenance des vélos, l’entreprise a désormais des ambitions européennes ,comme nous l’explique son président-fondateur Franck Brédy.

Comment est née l’idée de Vélogik ?

En 2008, j’étais administrateur de biens au sein d’une filiale d’un grand groupe immobilier. En pleine crise de la quarantaine, j’ai voulu changer de voie et j’ai eu une intuition : parmi les acteurs du vélo, il manquait le gestionnaire, le responsable de la maintenance. Nous étions en pleine crise, les entreprises avaient d’autres priorités que de mettre leurs salariés sur des vélos mais j’ai fait le pari de m’y consacrer à temps plein et, le 24 décembre 2008, Vélogik était née. Notre positionnement était de s’adresser exclusivement aux entreprises et aux institutions. Dès 2009, nos propositions de service sont retenues par la métropole de Lyon et la Compagnie nationale du Rhône.

Après ces débuts sur les chapeaux de roues, comment votre entreprise a évolué ?

Après ces premiers succès, nous souhaitons nous diversifier et je découvre les joies du code des marchés publics ! Nous répondons à des appels d’offres et nous en remportons rapidement deux, le service vélo de la ville de Clermont-Ferrand, face à un poids lourd des transports en commun (Keolis), puis celui du groupe La Poste. Vélogik se développe et intéresse de plus en plus les grandes entreprises.

Fin 2018, nous décidons de nous reconcentrer et nous abandonnons nos activités du début, comme la mise en place de flottes de vélos. Nous arrêtons aussi les activités de conseil pour en laisser le soin à des spécialistes, des bureaux d’études Transport. Nous ne pouvions pas scier la branche sur laquelle nous étions assis et aller en concurrence avec ces bureaux d’études qui pouvaient justement conseiller nos services aux entreprises.

Depuis 2019, nous sommes donc des « mainteneurs » de vélos. Nous avions du mal avec ce terme, employé par La Poste pour nous qualifier, mais nous en sommes désormais très fiers. Notre objectif, c’était de faire grandir et évoluer ce métier de mécanicien vélo. Cela peut paraître cocasse, mais pour cette activité, nous nous sommes inspirés du modèle de l’automobile et nos ateliers, nos technicentres, ressemblent beaucoup aux garages automobiles d’aujourd’hui. Nous avons également fait le choix de “digitaliser” le métier de mécanicien en développant nos propres outils et logiciels.

Pourquoi avez-vous souhaité créer votre propre « campus » ? Combien de techniciens souhaitez-vous former ?

C’est très difficile de trouver des mécaniciens formés, ils sont souvent très demandés. Nous nous sommes donc dit que nous allions former des gens nous-mêmes. Notre ambition est d’adapter et d’élever les compétences de nos équipes en priorité, c’est-à-dire une centaine de techniciens cycles chez Vélogik. En parallèle, en partenariat avec d’autres acteurs de formation, l’objectif est de concevoir et d’appliquer des solutions de formation agiles pour des partenaires professionnels du cycle. Nous visons les 50 personnes formées dans ce cadre en 2021 et nous souhaitons monter rapidement en puissance.

Comment se traduisent vos engagements pour l’inclusion par l’emploi ?

Le recrutement inclusif selon nous, c’est la détection de talents auprès de publics en démarche d’insertion. Nous avons une formation par intégration en poste de travail, réalisée directement par nos équipes, ce qui permet de sécuriser nos embauches, de ne pas perdre de temps et de permettre à des personnes considérées comme éloignées de l’emploi d’accéder et de se maintenir dans un poste durable chez Vélogik. Et je crois que nous pouvons nous targuer de belles réussites. J’ai en tête l’exemple d’un de nos mécaniciens sur le technicentre d’Ivry, qui est non-voyant. Ce qu’il arrive à faire est tout simplement exceptionnel. Nous avons évidemment adapté son poste de travail et il réalise des opérations de maintenance des vélos sur notre ligne de production.

Nous avons aussi créé une joint-venture sociale avec le groupe Estime sur le territoire de la métropole de Lyon, qui permet de créer des emplois en atelier de chantier d’insertion (ACI). Nous avons prévu de prendre une dizaine de salariés en 2021 via cet ACI. Nous avons aussi recruté des réfugiés, et on parle désormais 13 langues sur nos lignes de production ! Nous sommes très fiers de ce que nous avons pu mettre en place sur ces sujets.

Confinement mis à part, la fréquentation des pistes cyclables au cours des huit premiers mois de l’année 2020 a bondi de près de 30 % en France par rapport à la même période de 2019. Comment votre entreprise a profité de cet engouement pour le vélo ?

Tous ces vélos qui ont été vendus en 2020 et qui sont vendus en 2021, il faudra s’en occuper et nous allons donc nous concentrer sur leur maintenance, que les collectivités, les exploitants nous confient. Et demain, nous allons aussi nous adresser aux particuliers avec des ateliers de réparation de vélos que nous allons ouvrir à Paris 12, Lyon et Grenoble d’ici la fin du premier semestre 2021.

Vélogik s’internationalise, quels sont vos projets de développement pour les prochaines années ?

Nous avons un projet qui s’est concrétisé à Glasgow (Écosse) et qui sera le point de départ de notre développement sur le Royaume-Uni. C’est une joint-venture pour laquelle nous nous sommes rapprochés d’une charity qui va proposer des services vélos aux collectivités. Nous allons doter cette structure de notre suite logicielle, de notre campus, de nos process, etc.

Nous avons comme ambition de réaliser des opérations de croissance externe similaires en Allemagne et aux Pays-Bas, ainsi qu’en Lombardie. Notre objectif, à l’horizon 2024, est de devenir le leader européen de la maintenance vélo et de dépasser les 250 salariés, nous permettant ainsi d’atteindre le stade d’ETI.