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Inflation, dividende du travail, prime Macron… ce qui attend les entreprises au second semestre

De 5 % en mai, l’inflation pourrait encore augmenter et atteindre les 6 % prochainement. Cette forte hausse des prix qui oblige les entreprises à s’adapter pourrait également faire naître de nouveaux dispositifs de redistribution de la valeur ajoutée aux salariés. Décryptage par Jean-Charles Boucher, associé chez RSM France.

Comment les entreprises appréhendent cette période de forte inflation ?

La période de forte inflation que nous traversons est source d’inquiétude pour les chefs d’entreprise. Celle-ci se ressent à chaque étape du cycle de production : les matières premières, les composants électroniques, le transport, mais elle a aussi une incidence directe sur les taux d’intérêt. La Banque Centrale Européenne a clairement indiqué que les taux de long terme risquent d’augmenter avec des exigences renforcées sur le crédit.
Face à cette situation, les dirigeants doivent anticiper les hausses de prix ou d’éventuelles hausses des salaires, mais aussi l’impact sur leurs marges. Est-ce que les entreprises vont répercuter la hausse des coûts d’approvisionnement sur leurs prix ? Ce choix pourrait fragiliser la demande des ménages déjà directement impactés par l’inflation.

Le gouvernement prépare justement un projet de loi sur le pouvoir d’achat. Comment pourrait-il impacter les entreprises ?

L’idée principale de ce projet de loi est d’inviter les entreprises à augmenter la rémunération de leurs salariés. L’autre idée forte serait de pérenniser le dispositif de la prime Macron, cette prime exceptionnelle sur le pouvoir d’achat mise en place en 2019. Le projet revient à multiplier la prime par trois : elle était jusqu’à présent plafonnée à 1.000 euros, avec la possibilité de la porter à 2.000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant mis en place un d’accord d’intéressement. La nouvelle prime Macron, installée dans le temps, pourrait donc aller jusqu’à 3.000 euros, avec un montant porté à 6.000 euros pour les entreprises qui remplissent les conditions que je viens de mentionner. Les exonérations fiscales et le plafond salarial (salaires inférieurs à trois fois le SMIC) demeureraient identiques. De nombreuses entreprises se sont déjà mises en ordre de marche et sollicitent leurs conseils pour mettre en place un dispositif d’intéressement, afin de bénéficier des effets fiscaux de la prime dès son entrée en vigueur.

Il y a toutefois deux risques à souligner pour les entreprises. Le principe d’augmenter le plafond pour les entreprises est une bonne idée, encore faut-il que l’entreprise soit en mesure de financer ce type de prime, surtout dans une période instable, dans laquelle nombre d’entre elles devront aussi faire face au remboursement des PGE. Le deuxième point de vigilance porte sur les critères d’affectation de cette prime. Si l’employeur ne veut affecter cette prime qu’à une certaine catégorie de salariés, il faut qu’il soit très explicite dans ses justifications, sous peine de perdre tout le bénéfice en matière d’exonération fiscale et sociale.

Quelles autres nouveautés législatives les entreprises doivent-elles suivre au cours des prochaines semaines ?

Toujours dans l’idée de favoriser le partage de la valeur avec les salariés, le gouvernement réfléchit à mettre en place un dividende du travail (ou dividende salarié). L’idée serait d’obliger les entreprises qui distribuent un dividende à leurs actionnaires, à dupliquer cette distribution également à leurs salariés, et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise, du grand groupe coté à la PME. Il explore également l’idée de rendre la participation obligatoire pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’une loi de finances rectificative est aussi dans les tuyaux, elle pourrait sortir en juillet. Affaire à suivre !