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Charlotte Gounot, Defacto : « Nous avons bâti une infrastructure de crédit automatisée pour financer le BFR des TPE-PME »

janvier 5, 26
4 min. de lecture

Les problématiques de financement du BFR sont la première cause des défaillances des TPE-PME en Europe. En s’appuyant sur une plateforme innovante et grâce à l’agrément bancaire dont elle dispose, la fintech Defacto a pris ce sujet à bras-le-corps. Elle s’apprête à passer la surmultipliée en 2026, comme le détaille sa directrice générale déléguée dans Objectif ETI.

Avec leur dynamisme, les fintechs révolutionnent les usages à vitesse grand V. Dans cet environnement hétérogène, quel est le segment dans lequel se développe Defacto ?

Depuis notre création, en 2021, nous avons pour mission de répondre aux problématiques de financement du besoin en fonds de roulement (BFR) des TPE et des PME. Nous sommes partis du constat que les banques sont en mesure de couvrir un peu moins de la moitié de ce segment de marché, qui compte pour environ 700 milliards d’euros en France. En effet, il ne leur est généralement pas possible d’établir un scoring suffisamment fin pour évaluer la solvabilité des PME afin d’être en mesure de prêter plus ; de même, leurs coûts opérationnels par client pour mettre à disposition des financements de court terme sont assez élevés.

Au regard de ces raisons, nous avons développé un modèle qui nous permet à la fois de récupérer et d’analyser les données en temps réel des PME, pour établir leur degré de solvabilité, mais aussi d’automatiser toute la chaîne de valeur – de l’inscription d’un client jusqu’à l’octroi du prêt –, de sorte à afficher un cost-to-income inférieur à 15 %, donc entre 4 et 5 fois meilleur que celui des banques traditionnelles. Nous sommes ainsi en mesure d’accorder de manière rentable des financements qui seraient considérés comme non rentables par le secteur bancaire.

Comment vous êtes-vous développés ?

Au début de l’année 2022, nous nous sommes dits que nous devions être le premier utilisateur de l’infrastructure de crédit que nous avons mise en place : Defacto est ainsi la seule société de crédit à être agréée en tant que société de financement. Dans le même temps, nous nous sommes mis en quête de ressources : nous avons levé un total de 40 millions d’euros de fonds propres (dont 16 millions cette année) et nous avons levé 300 millions de dette via trois fonds de titrisation successifs à ce jour.

Le timing aurait pu ne pas être optimal, dans la mesure où nous avons amorcé notre développement dans une période caractérisée par une forte progression des défaillances des entreprises et par la hausse des taux d’intérêt. Mais ce contexte a priori peu favorable nous a obligés à prioriser nos actions en termes de maîtrise des risques – comme le risque de taux d’intérêt – et à faire en sorte de déployer un business model résilient.

Tout l’enjeu, en tant qu’organisme de financement, est de trouver le bon équilibre entre les prêts accordés et le coût du risque. Il s’est donc agi d’évaluer correctement ce dernier et de le provisionner. C’est ainsi que, depuis bientôt deux ans, nous évoluons sur la trajectoire que nous avons définie, au point de totaliser 17 000 clients et 250 000 prêts.

Les trois fondateurs de De Facto : trois fondateurs : Marc Henri Gires, Morgan O’hana et Jordane Giuly
Defacto est donc déjà devenu une marque ?

Absolument. Notre marque est un actif que nous développons car les responsables d’entreprise souhaitent savoir à qui ils ont affaire lorsqu’il s’agit de financer leur BFR. C’est pourquoi, après avoir initialement envisagé de nous déployer en marque blanche, nous travaillons également au développement de notre notoriété.

Evidemment, le fait d’être agréé comme société de financement y participe, car cela représente un vrai gage de confiance pour les partenaires et emprunteurs. Mais cela ne suffit pas : pour être efficace, il nous faut aussi démontrer notre capacité à communiquer de façon claire sur nos modalités de financement et sur notre aptitude à réduire le recours au support, et sinon à ce que ce dernier soit extrêmement réactif (car le temps des dirigeants de PME est particulièrement précieux).

D’ores et déjà, nous mesurons à quel point le fait d’être complètement autonome (agrément, financements) constitue une force aux yeux de nos clients mais aussi de nos partenaires, à savoir tous ceux qui proposent des outils où se matérialisent le BFR (plateformes de facturation, banques en ligne, market places, etc.).

En quoi la récente levée de fonds vous permettra d’accélérer ?

Nous avons identifié quatre principaux axes de croissance afin de continuer notre développement dans les prochains mois. En 2026, nous souhaitons augmenter le nombre de produits financiers proposés. Nous accélérerons également notre intégration dans des plateformes agréées pour la facturation électronique, réforme qui sera applicable à toutes les PME en septembre 2026.

Etant donné que nous atteindrons le point mort dans le courant de l’année, nous pourrons ensuite dupliquer notre modèle en dehors de l’Hexagone – comme en Belgique et en Allemagne. Enfin, nous poursuivons les travaux pour la mise à disposition de notre plateforme aux banques et aux factors agréés et qui souhaitent développer pour leur compte des nouveaux produits de financement court terme pour leurs clients et leur réseau.

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