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Frédéric Ducournau et Gilles Tremoliere, Ducournau : « Améliorer le maillage territorial afin de satisfaire toujours plus nos clients »

janvier 19, 26
4 min. de lecture

Le groupe varois de transport et de logistique Ducournau suit une trajectoire de croissance notamment parsemée d’acquisitions. Il continue d’investir pour consolider ses positions tout en veillant à demeurer un partenaire de ses clients, comme l’expliquent Frédéric Ducournau, qui a pris la suite de son père à la présidence en 2023, et Gilles Tremoliere, le directeur général.

Dans une période où le secteur du transport et de la logistique figure parmi ceux les plus frappés par les défaillances d’entreprise, Ducournau multiplie les projets de croissance et les acquisitions. Quels sont les facteurs à l’origine de ce dynamisme ?

Frédéric Ducournau : Notre entreprise, véritable pilier de ma famille, est avant tout le fruit d’une passion. Elle fut créée en 1971 par mon père, un autodidacte visionnaire qui avait précédemment travaillé au sein des chantiers navals de La Seyne-sur-mer. Et même s’il a connu des débuts difficiles, il n’a cessé d’œuvrer pour la développer.
En toute logique, j’ai mené l’intégralité de mon parcours professionnel au sein de l’entreprise que dirigeaient mes parents, puisqu’à 14 ans, je savais déjà conduire un camion et manœuvrer un transpalette. Après avoir piloté pendant une douzaine d’années notre agence de Gonesse, je suis redescendu dans le Sud afin de continuer aux côtés de mon père. Et jusqu’à sa disparition, en avril 2023, nous avons travaillé de pair et toujours conçu nos projets de croissance de façon collégiale.

Dans cette histoire familiale, notre premier rachat date de 2008 : nous avions été sollicités par un confrère varois qui évoluait dans le même groupement que nous, le réseau Astre, et qui souhaitait partir à la retraite. C’est ainsi que notre flotte s’est agrandie d’une centaine de camions. Mais nous avons aussi cherché à croître par nous-mêmes en ouvrant plusieurs agences : après celles de Meyzieu et de Cavaillon, nous nous sommes installés à Douai en y déployant un entrepôt de 25 000 m² et une trentaine de portes à quai – soit l’un des plus importants.

Par la suite, il se trouve que nous avions aussi été sollicités par des clients implantés dans le Sud-Ouest, avant que le Covid ne vienne donner le coup de frein économique que chacun connaît. Une fois cette période passée, mon père et moi avons réexaminé les options envisageables pour répondre à cette demande et c’est ainsi que nous avons racheté les Transports Rizzo, début 2024. Ont suivi les reprises de RMTD et ses 7 000 m² de logistique, dans l’Indre-et-Loire, du varois Daziano et du breton Transports Hamon, qui nous a apporté sa soixantaine de camions et ses 35 000 m² de logistique le 15 janvier 2026.

Qu’est-ce qui motive toutes ces opérations ?

Frédéric Ducournau : Notre objectif consiste à améliorer notre maillage territorial afin de satisfaire toujours plus nos clients, tout en veillant à bâtir un ensemble cohérent. Toutes les sociétés que nous avons rachetées ont un point commun : leur activité repose sur le principe du groupage, qui consiste à réunir dans un seul chargement des marchandises expédiées par plusieurs clients. Qui plus est, comme elles ne disposaient pas d’agences, nous sommes en capacité de les faire travailler ensemble de façon plus efficace. Leur intégration au sein d’un réseau d’envergure nationale est une tâche complexe, mais elle nous anime au quotidien avec passion.

Gilles Tremoliere : Comme Ducournau intervient à la fois dans le transport et la logistique, nous avons choisi de racheter des entreprises disposant de ces deux domaines d’expertise. L’histoire a montré qu’en nous rejoignant, celles-ci ont progressé dans chacune de ces activités, ce qui se traduit au final par une progression de la capitalisation de l’ensemble du groupe. Avec l’ensemble de ces opérations, notre chiffre d’affaires est passé d’environ 50 millions d’euros à près de 90 millions, en 2025, et nous franchirons le cap symbolique des 100 millions au début de l’année 2026 – avec un effectif entre 920 et 950 personnes et une flotte d’environ 800 véhicules.

Il faut d’ailleurs noter que cette volonté de renforcer notre maillage territorial s’est traduite par le rachat systématique des sociétés et de l’ensemble de leurs sites – y compris leurs actifs, les bâtiments, etc. –, sans augmenter notre niveau d’endettement. Dans le contexte actuel où les clients cherchent à obtenir des baisses de prix, étoffer notre réseau en travaillant à la réduction des coûts de fonctionnement nous permet de continuer de satisfaire leurs attentes… tout en veillant à ne pas rogner sur nos marges, de sorte à garantir le retour sur investissement de nos acquisitions. Sans oublier le fait que nous sommes désormais en mesure de conquérir de nouveaux clients que chacune des entités individuelles n’auraient pas pu prendre en charge.

Gilles Tremoliere (DG) et Frédéric Ducournau (PDG)
Il est de plus en plus fait référence aux problématiques de décarbonation lorsqu’il s’agit d’évaluer les acteurs du transport. Comment abordez-vous cette question ?

Frédéric Ducournau : Ce sujet est particulièrement compliqué. Utiliser des véhicules à propulsion électrique n’est généralement pas une solution viable pour deux raisons : d’une part, leur prix élevé – environ trois fois celui d’un camion « classique » – nécessite de pouvoir compter sur un surplus de clientèle pour être en mesure d’amortir le surcoût qu’ils représentent, et d’autre part, nombre de maires interdisent aux camions de traverser leurs communes ou limitent les heures d’accès, entraînant des cinquantaines de kilomètres de détour alors même que l’autonomie est limitée et que les bornes de recharge manquent. Qui plus est, l’utilisation de ces véhicules n’est globalement pas compatible avec la gestion des temps de route des chauffeurs.

Lors d’une réunion récente de l’Organisation des Transporteurs Européens Routiers, dont je suis récemment devenu président en région Paca, il est apparu que les exploitants – à savoir les personnes dont le métier consiste à charger et décharger les camions – ont des difficultés pour savoir ce qui leur est autorisé ou non en termes de parcours et d’horaires d’accès. Les maires doivent prendre conscience que nous pouvons travailler ensemble pour gérer ces questions, dont le poids économique est aussi crucial que l’enjeu écologique. Il y a encore beaucoup à faire.

En attendant, à l’échelle de notre groupe, nous sommes amenés à envisager une multitude de solutions alternatives aux véhicules électriques, comme l’utilisation de gasoil synthétique, très efficace. En outre, nous veillons à limiter la consommation de nos engins, en travaillant à la sensibilisation des chauffeurs avec les deux formateurs dont Ducournau dispose en interne, mais aussi en sélectionnant des camions bénéficiant d’une bonne efficience, sans système lumineux superflus, etc. Tout cela participe à notre impact carbone et nous veillons à le limiter autant que possible.

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